Stage dirigé par Pierre Maillet & Charles Bosson
à L’Ecole Auvray-Nauroy - 10 boulevard Marcel Sembat, 93200 Saint-Denis
13 avril > 2 mai 2026
Ce stage propose une immersion dans l’univers de Rainer Werner Fassbinder à travers l’enquête autour de son film inachevé "Cocaïne", adaptation du roman sulfureux de Pitigrilli, qu’il préparait au moment de sa mort en 1982.
À partir des rares traces existantes — notes d’intention, rumeurs de scénario, distribution mythique, références revendiquées par Fassbinder (Fellini, Pasolini, Oshima, Berlin Alexanderplatz) — les participant·e·s mèneront une enquête incarnée au plateau. Il ne s’agira pas tant d’adapter le roman que d’explorer, jouer et mettre en lumière ce que ce film aurait pu être.
Durée du stage : 90h
Expérience artistique professionnelle demandée
Prise en charge AFDAS possible
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Programme complet > ici
> Présentation
Jamais auteur n’aura été plus attentif à son époque et aux gens que Rainer Werner Fassbinder dans les années 70/80 (à part peut-être Almodovar en Espagne qui prendra en quelque sorte le relais après la mort prématurée de Fassbinder en 82 à l’âge de 37 ans). Boulimique jusqu’à l’épuisement, cinéaste, dramaturge, acteur et chef de troupe, l’impressionnante filmographie de Fassbinder (40 films en 10 ans, une dizaine de pièces de théâtre, sans compter ses nombreuses mises en scène et adaptations) a toujours été une source intarissable d’inspiration pour moi.
La « comédie humaine » de Fassbinder est une œuvre construite pierre par pierre où chaque film a une fonction particulière et fondatrice. « Certains de mes films sont la cave, d’autres le salon, la chambre ou la cuisine mais j’espère qu’à la fin on aura une maison. » aimait-il à dire de son travail. Pour cette raison, j’ai toujours trouvé un peu frustrant de ne monter « qu’une » pièce de lui. Après avoir mis en scène la quasi-totalité de son théâtre ; m’être attaqué à son œuvre cinématographique dans « Le Bonheur (n’est pas toujours drôle) » où je mettais 3 de ses films en écho : « Le droit du plus fort », « Maman Küsters s’en va au ciel » et « Tous les autres s’appellent Ali » ; et dernièrement à son œuvre télévisuelle avec les 3 derniers épisodes inédits de sa série « 8 heures ne font pas un jour », je suis très excité à l’idée d’aborder avec ce nouveau stage son rapport à l’adaptation d’œuvres littéraires existantes, et plus précisément son projet autour de « Cocaïne » le sulfureux roman du satiriste italien Pitigrilli, qu’il était en train de préparer au moment de son décès en 1982.
Le mystère autour de ce qu’il reste du projet Fassbinder/Cocaïne perdure donc depuis plus de 40 ans. Plusieurs éléments en constituent une intarissable légende pour tous les amoureux du génie allemand : sa note d’intention donnant des clés importantes sur la façon de s’emparer du roman original (seul document officiel accessible à ce jour) ; un scénario existant mais impossible à consulter dont la rumeur dit qu’il ferait 322 pages ; une distribution non moins légendaire qui devait réunir Romy Schneider, Isabelle Adjani et Gérard Depardieu ; un mythe qui voudrait qu’il soit mort en l’écrivant sur sa table de travail la télé allumée...
Pierre Maillet