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Oiseau [Guide de survie]

© Jacinthe Cappello

Après deux premières semaines de répétitions,
nous vous invitons à découvrir un Crash test du projet
au Grand Parquet à Paris :
Jeudi 17 septembre à 19h
Réserver > ici


« Création » tout public à partir de 10 ans

Depuis toujours, on l’observe du coin de l’œil. On murmure sur son passage. On le dit bizarre ou anormal. On dit qu’il parle avec les oiseaux. À la maison, le père et la mère se disputent. Les mots échappent et bruissent. L’enfant qu’on appelle Oiseau fait semblant de dormir. Il s’absente. Parfois il voudrait disparaître. Et puis soudain, un jour d’hiver, il n’est plus là. La police enquête. Les parents le cherchent. Les chiens tentent de renifler sa trace. Et tous se rendent compte qu’ils ne savent pas. Qu’ils ne le connaissent pas. Qu’on ne prend pas le temps de bien regarder les oiseaux.

La pièce, parue chez Lansman Éditeur, a reçu le Grand Prix de littérature dramatique jeunesse en novembre 2024.

Vidéo de présentation du projet > ici
par Elise Vigier

Écriture

Note d’écriture I Marie-Christine Lê-Huu

"Oiseau [guide de survie]" est un texte en fragments à travers lequel se déploient les questions de la différence et de ses incidences. La détresse parentale y est centrale, de même que l’absurdité de comportements sociaux qui constituent cette norme qu’on pousse chacun et chacune à intégrer.

Le texte propose d’expérimenter et d’observer comment la violence surgit face à la différence, quelles ondes de choc elle provoque, comment la différence d’Oiseau crée un séisme, une fissure. Et comment, en écho, chacun, chacune est traversé par la secousse.

Car la différence d’Oiseau fait perdre aux autres leurs repères, collectivement et individuellement. Cette existence qui échappe au joug de la norme trouble leur confort et leur compréhension ordonnée du monde.

Quand je cherche le déclencheur plus intime de l’écriture d’Oiseau, une image me revient en mémoire. J’ai 13 ans, je suis passionnée de danse classique et nous sommes en vacances à Amsterdam en famille. Toute la journée, mon père me voit regarder les affiches du Ballet Bolshoï qui y est de passage. Le soir venu il m’annonce, enjoué : "Viens, je t’emmène quelque part !"

Ce souvenir de ma joie d’adolescente devant la gentillesse de mon père est invariablement mêlé à un autre : celui d’un choc. Ce soir-là, devant la perfection inégalée de l’alignement des danseuses du corps de ballet, des jeunes femmes vraisemblablement triées en fonction de leur taille et dont les pieds tendus vers le ciel formaient une droite parfaite, je me rappelle avoir pensé : "Ces femmes-là sont entraînées à disparaître. "

C’était ma première rencontre frontale avec l’idée d’une norme qui appelle à s’effacer. Et qui, au-delà de ça, nous demande de fournir soi-même les efforts pour procéder à sa propre disparition. C’est au final ce que propose notre cadre social et sa force normalisatrice : désirer "faire comme", s’absenter, gommer ses aspérités pour échapper à une violence qui ne manque pas d’abîmer, à plus ou moins long terme, ceux et celles qui restent en marge.

Mise en scène

Note de mise en scène I Elise Vigier

Dans la dramaturgie de "Oiseau [Guide de survie]", Marie-Christine Lê-Huu part de l’hypothèse que tous les rôles sont interchangeables, que tout le monde peut être tout le monde, et donc que chaque interprète/personnage peut devenir Oiseau.
Qui est l’oiseau de qui ? Qui est compris ou incompris par qui ? Qui est dans le groupe ? Qui en est exclu ? Aucune étude psychologique n’est donnée, mais interviennent des phénomènes d’atomes, de déplacements d’air, de circulation, ou d’effets papillon.
Le travail avec toute l’équipe de création, acteur.trice, dessinatrice, et musicien.nes, s’élaborera autour de cette forme chorale et de la multiplication des perspectives qui conduira donc les interprètes à incarner tour à tour divers personnages. Tous et toutes pouvant au même moment incarner ensemble Oiseau, son attente, sa difficulté à contenir l’entièreté de ce qu’il est dans un seul corps.
Des distorsions qui donneront des versions différentes de certaines situations : se parlent-ils vraiment ou sont-ils là en silence, incapables de nommer ce qu’ils ressentent ?

Dans le cadre d’un stage que j’ai réalisé à l’École Auvray Nauroy avec Manu Léonard, compositeur et ingénieur du son, j’ai pu pousser plus loin l’étude de la pièce. J’ai alors été frappée par la dimension sonore et musicale de cette œuvre. Aussi, avec Esther Armengol, Manu Léonard composera une partition musicale et créera au plateau un petit atelier de « fabrication de musique et de sons » qui accompagnera le récit et les dessins. La musique sera jouée en direct par les deux artistes (chant, violoncelle, guitare, machines).

Une intuition s’est aussi confirmée : la présence du dessin comme décor, comme corps, comme espace. Un trait donne un lieu puis s’efface. Un acteur entre dans un dessin et devient le personnage. Une bulle se dessine et c’est l’ami qui rêve d’Oiseau. Les traits apparaissent et disparaissent, et parfois aussi s’accumulent, graffitis sur le mur. Chacun cherche Oiseau, laisse des traces sous forme de grande fresque ou cadavre exquis rempli de détails et d’indices peut-être… Tout au long du spectacle, l’artiste et comédienne Jacinthe Cappello dessinera en direct, faisant apparaître peu à peu une grande fresque sur papier qui sera une trace tangible de la trajectoire et du moment.

Oiseau [guide de Survie] pourrait ainsi s’envisager comme un roman graphique et musical qui prend corps et se déploie avec délicatesse sur scène, dans la simplicité d’un geste ou d’une esquisse. Rien n’est sûr, tout est suspendu, « essayé », posé en croquis, puis effacé.

Le travail permettra de cumuler les couches de sens tout en veillant à garder un premier plan de narration simple : c’est l’histoire d’Oiseau, cet enfant, adolescent, cet être différent. Cet oiseau que nous portons tous et toutes possiblement en nous à différents moments de nos vies, à tous âges.

Distribution

Texte Marie-Christine Lê-Huu
Mise en scène Élise Vigier

Avec
Marc Bertin (acteur)
Jacinthe Cappello (actrice et peintre-dessinatrice)
Esther Armangol (actrice, violoncelliste et compositrice)
Aymen Bouchou (acteur)
Manu Léonard (musicien)
Camille Faure (actrice)

Regard sur le mouvement Louise Hakim
Régie son Manu Léonard
Composition musicale et sonore Manu Léonard et Esther Armangol
Espace, régie plateau et régie générale Camille Faure
Costumes Laure Mahéo
Lumières Bruno Marsol
Dessins Jacinthe Cappello

Le texte de la pièce est édité chez Lansman Éditeur
et a reçu le Grand Prix d’écriture dramatique jeunesse 2024

Production

Production
Parmi Les Lucioles
Coproduction
Le Quai - CDN d’Angers
La Comédie de Saint-Etienne - CDN
Théâtre de la Paillette - Rennes
Centre Culturel Jacques Duhamel, scène de territoire de Bretagne pour le théâtre – Vitré
Avec le soutien de
ARTCENA Aide à la création de textes dramatiques
Ecole du Théâtre National de Bretagne insertion professionnelle
SPEDIDAM
en cours de montage

Accueils en résidence de création
7 au 19 sept 26 > Le Grand Parquet - maison d’artistes du Théâtre Paris Villette
23 au 27 nov 26 > Centre Culturel Jacques Duhamel - Vitré
4 au 8 janv 27 > le Quai CDN d’ - Angers
11 au 20 janv 27 > Théâtre de la Paillette Rennes

Agenda

7 au 18 septembre 2026
Résidence > Le Grand Parquet - Paris
17 septembre 2026
Sortie de résidence > Grand Parquet - Paris
23 au 27 novembre 2026
Résidence > Centre Culturel J. Duhamel à Vitré
27 novembre 2026
Sortie de résidence > Centre Culturel J. Duhamel à Vitré
4 au 8 janvier 2027
Résidence > le Quai - CDN d’Angers
11 au 20 janvier 2027
Résidence > Théâtre de la Paillette - Rennes
21 janvier 2027
26 au 28 janvier 2027
2 au 5 février 2027

Contact

Emmanuelle Ossena

EPOC productions

e.ossena epoc-productions.net
T. 33 (0)6 03 47 45 51

Odile Massart

Administration / Parmi les Lucioles